Mairie de Val de Fier

Vous êtes ici : Accueil > Patrimoine Tourisme > Un peu d’histoire > Une histoire vieille de plus de 2000 ans

Une histoire vieille de plus de 2000 ans

  • Publié : 28 mai 2010
  • Mis à jour : 15 juillet 2013

Epoque romaine

Peut-être habité depuis l’âge de bronze, Val de Fier est un lieu de passage privilégié dès l’époque romaine. Une voie est construite pour relier Boutae à Condate (Annecy à Seyssel), c’est aussi ici que passerait l’axe Aquae-Genova (Aix-Genève). Plusieurs villas romaines jalonneront cette voie, les noms des propriétaires romains perceront jusqu’à nos jours : Lascius donnera Laissy et Pellus deviendra Pellan...

L’administration romaine garantira quatre siècles de paix. Les villas, domaines agricoles, emploient des serfs dont les familles résident auprès des proporiétaires gallo-romains. Les vestiges de cette époque restent limités à la voie romaine dans le Val du Fier.

Des paroisses aux villages

Le christianisme se diffusant de façon importante au Vème siècle, dans le Jura voisin, le prieuré de Condat (aujourd’hui St Claude) essaimera, et une petite communauté viendra s’installer dans l’Albanais. Au milieu du Vème siècle, les moines de Condat passent le Rhône pour venir défricher le versant oriental de la Montagne Noire et fondent une paroisse nommée Saint Sauveur à Sion. Trois églises seront bâties : - L’église de Saint Sauveur à Sion, au Nord du domaine de Lascius - L’Eglise de Saint André sur le rocher qui domine le Fier à 521m d’altitude - L’Eglise de la Madeleine à Chavanne. Les deux premières se font face au dessus de la Petite Morge, elles servent d’observatoires pour la route du Val. Durant cette période, ce sont les Burgondes qui s’établissent sur les terres. La stabilité politique permettra une période de prospérité.

Entre 899 et 1040, Hongrois, Sarrazins, pilleront, incendieront, et détruiront l’équilibre économique, les années de disette seront nombreuses et les épidémies meurtrières.

Abandonnés ou détruits pendant toutes ces années, les sanctuaires seront reconstruits entre 1040 et 1346, par les bénédictins de St Claude installés au prieuré de Bonneguête. L’église de Sion sera reconstruite à son emplacement actuel. Les moines détenteurs du savoir et de la technologie relèveront petit à petit le pays. On utilisera alors la force motrice de l’eau. Moulins à farine et à eau , foulons pour les draps et la laine, scieries... verront le jour.

Cette période de mieux-être durera jusqu’au milieu du XIVème siècle. On notera alors un véritable essor démographique, jusqu’à 500 habitants sans doute, et la mise en place de maladières. Les seigneurs de Syon et de Beauregard précèderont les nobles d’Ogier (famille de St François de Sâles) dans la vie du village jusqu’au XVIIème siècle. Durant cette dernière période, la grande peste qui touchera l’Europe, fera ici aussi son oeuvre. D’autres épidémies interviendront, lieu de passage très fréquenté, la vallée sera très touchée et perdra à certaines périodes jusqu’à deux tiers de ses habitants. Ce sont les registres et notes émanant des paroisses qui donneront des indications sur la vie des villages au XVIIème et XVIIIème siècle. A partir des années 1680, la paroisse de Saint André sera établie à Chavanne, elle verra défiler pas moins de quinze prêtres jusqu’à la Révolution. Elle comptera environ 150 habitants en 1755.

Ce sont les barons de St André (nobles de Syons, résidant au château de Sion et à la maison forte de Beauregard près de l’église de Sion) qui seront les principaux propriétaires des terres. La paroisse de Sion, dont la démographie progresse, atteindra 186 habitants en 1776. Son église St Romain est patronnée par les seigneurs de Syons. Les deux paroisses recevront en 1607 la visite de St François de Sâles. Elles fusionneront en 1803.

Sous le règne du Duc Charles Emmanuel II, le gouvernement procède à l’amélioration des voies de communication, et c’est ainsi qu’une route est établie entre 1637 et 1658, pour relier Rumilly à Motz. Cette voie très fréquentée permettra aux nobles et bourgeois de Rumilly, qui possèdent des vignes en Chautagne, de faire commerce de leur vin. En 1728, le roi de Sardaigne, Victor Amédée II, ordonnera la confection d’un cadastre pour tout le duché de Savoie. C’est ainsi qu’en 1729, la limite entre les paroisses de Motz et St André sera établie du sommet de la montagne jusqu’au Fier : acte établi le 27 octobre 1731 par le notaire Favre, châtelain de St André.

Dans le même temps, à Sion, c’est Me Dugallion, notaire châtelain de Syons qui effectuera le même travail. En 1738, toutes les paroisses de Savoie recevront une administration civile identique. C’est la naissance des communes : un conseil élu, présidé par un syndic nommé pour un an, gère la commune, le regrattier a la charge du grenier à sel et du registre permettant la levée de la gabelle, et l’exacteur quant à lui, perçoit l’impôt foncier ou taille. Forêts, vignes, terres cultivables sont les biens agricoles exploités. Nombre d’autres métiers sont pratiqués, du maréchal-ferrand au charpentier en passant par les maîtres-chirurgiens, ou encore tailleurs de pierres, meuniers...

A partir de 1792, la Savoie devient le département du Mont-Blanc. Le document ci-dessous tiré de l’annuaire 1804-1805 du département du Mont-Blanc indique le nombre d’habitants à Sion et à Saint André en 1803 et la superficie des communes exprimée en journaux de Piémont.

SYON relevé département du Mont Blanc 1804
SAINT-ANDRE relevé département du Mont Blanc 1804

19ème et 20ème siècles

L’année 1815 verra la défaite de Waterloo, après l’abdication de Napoléon, au cours du congrès de Vienne, les alliés feront le partage des pays qui avaient été conquis par "l’Aigle" pendant les guerres de l’Empire. Genève se fait octroyer les 16 communes qui forment son canton et adhère à la Confédération Helvétique. Désormais entre l’Albanais et Genève, il y a une frontière et une zone franche.

En 1860, au moment du rattachement de la Savoie à la France la zone franche sera agrandie et Saint André en fera partie. Ce qui expliquera la présence de familles de douaniers entre 1860 et 1919. Les périodes qui suivent les années de guerre sont marquées par un relèvement de la courbe démographique.

Après la Révolution et les guerres de l’Empire, la Savoie va enregistrer un taux de population jamais égalé et dont l’apogée se situe entre 1848 et 1860. Dans les années 1840, quand on parlait de reconstruire l’église, la paroisse de Sion-St André comptait alors 700 "âmes" ! La nouvelle église reconstruite à Sion entre 1842 et 1846 sera de style italien avec un mélange de roman et de byzantin, elle brûlera le jour de Pâques 1956 et sera restaurée dans les années suivantes.

La route actuelle traversant le Val de Fier exigera dix années de travail et le percement de deux tunnels. Commencée en 1854, elle ouvrira au public en 1863. Sa construction voulue par les édiles de l’Albanais marque l’intérêt économique de cet axe pour la région.

A partir de 1878, l’école payée par chaque commune sera remplacée par l’école de Jules Ferry, elle deviendra obligatoire et laïque. Celle de Sion-St André ouvrira le 28 avril 1879. Pour ce faire, la population apportera sa contribution en journées volontaires à la construction. Les mairies seront intégrées dans le bâtiment scolaire dont le style est celui que l’on retrouve dans la plupart des communes rurales. Les deux communes se répartiront alors le coût de cette construction : 26 500 francs.